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Batailles de Sidi-Fredj et Staouali
Le 14 juin 1830, à la pointe du jour, près de cinq cents navires s’étaient présentés devant la plage de Sidi-Fredj, à l'ouest d'Alger. Ils transportaient 40.000 hommes (soldats et marins). L’amiral Duperé commandait la flotte et le ministre de la guerre en personne, le Général de Bourmont, l’armée de terre. « Jamais une flotte de cette importance n’avait traversé la méditerranée auparavant » selon le témoignage laissé par le consul anglais, sir Saint John, alors en poste à Alger.

L’incompétence ou l'imprévoyance de l’agha Ibrahim allait favoriser les Français au-delà de ce qu’ils espéraient. En débarquant leurs hommes et leur matériel, ils ne trouvèrent qu'une très faible résistance, à peine quelques escarmouches. Le gros de l'armée algérienne (ainsi que le contingent d'Ahmed bey et les troupes auxiliaires venues de Kabylie) était cantonné à EL-Harrach, à l'est d'Alger. Car, comme on l'a vu précédemment, le dey et l'agha étaient convaincus que les Français allaient débarquer à cet endroit.
Quand L’agha Ibrahim comprit son erreur, il demanda à Hussein de lui envoyer les troupes stationnées à El Harrach.
Mais c'était trop tard. L'ennemi profita de cette défaillance pour s'installer sur la presqu'ile et fortifier tranquillement sa position. Le général de Bourmont et son État-major débarquèrent à leur tour et installèrent leur Q.G  à l’intérieur de la bâtisse abritant la tombe du marabout Sidi Fredj.

Lorsque Ahmed bey arriva avec son contingent à Staouali (environ six kilomètres au sud de Sidi-Fredj) il constata un désordre général : « Lorsque l’ennemi débarque à l’ouest d’Alger avec ses hommes et ses cavaliers, ni moi ni le dey n’avions les soldats et les cavaliers nécessaires pour les repousser et pis encore personne n’était prêt à les combattre. Il fit débarquer ses soldats, creuser des fossés et disposer ses canons »

Sous-estimant l'ennemi, l'agha Ibrahim comptait s’opposer aux Français avec son armée régulière d'à peine huit mille hommes.  Il négligea d'organiser les troupes auxiliaires, de leur fournir les munitions, les vivres et l'orge pour leurs chevaux. Cette armée comptait environ quinze mille volontaires venus de Kabylie, de la Mitidja, et d'Alger. Le bey du Titteri, Boumezrag, n'avait avec lui que mille cavaliers et Ahmed bey environ quatre cents. Au total l'armée algérienne était d'un peu plus de vingt mille hommes.

Le 19 juin, soit cinq jours après le débarquement, Ibrahim décida une offensive générale après une ultime réunion avec son État major. Ahmed bey s'efforça d' y imposer à l'agha une meilleure organisation des forces armées tout en lui exprimant ses inquiétudes. En effet, une telle offensive, menée avec une armée auxiliaire, insuffisamment préparée à une guerre contre un ennemi puissamment armé, allait être incertaine quant à son succès. Mais Ibrahim était sûr de « rejeter à la mer ces infidèles ». Plus grave encore, Ibrahim ne se décida à construire les redoutes pour son artillerie et faire creuser des tranchées qu'a la derniére minute. Les travaux furent faits à la hate et avec des matériaux légers.  Donc, cette armée se lança sous un déluge de bombes et d’obus lancés par les navires et les canons au sol. Les fusées congréves, arme inconnue des Algériens, semèrent la panique parmi les volontaires surtout à cause de leur sifflement strident. Des centaines de combattants périrent avant même d’atteindre les premières lignes ennemies.
Pendant ce temps, l'aile gauche française céda sous la vigueur des attaques des janissaires, des spahis (cavaliers de l'armée régulière) et des contingents kabyles. L'ennemi perdit beaucoup de soldats et fut repoussé. Mais un navire, embossé près du rivage, vint à leur secours en bombardant massivement les attaquants et leur occasionnant des pertes sévères. Mais l'offensive algérienne se poursuivit.  Soudain, les combattants kabyles firentt défection dans un désordre indescriptible, Les Français en profitèrent pour reprendre l'offensive, mais les Turcs défendirent  âprement le terrain conquis. Assaillis par une multitude de soldats, ils sont décimés. Plusieurs se suicident en se poignardant plutôt que de se rendre. 
Aucun historien, à ce jour, n'a expliqué pourquoi eut lieu cette défection incompréhensible; elle donna à l'ennemi une occasion inespérée pour se ruer vers Staouali. Ce qui est sûr c'est que ce n'est pas par lâcheté que le contingent kabyle a fui le combat. En attendant les historiens , on peut supposer qu'il s'agit probablement d'un faux ordre de repli lancé par un traitre.
Dès lors, la bataille allait prendre un tournant favorable à l'armée française.  Pendant ce temps, au centre et à leur droite les régiments français s'avancent en colonnes, atteignent les dunes et progressent rapidement à l'intérieur des terres. Ils furent néanmoins ralentis par les assauts fulgurants de la cavalerie d'Ahmed bey.    À SUIVRE